Ma fille ainée fait des crises à répétitions… que faire ?

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Pauline, Maman Hibou de 3 petites filles m’a contacté pour partager son problème : des crises de colère de son enfant

Mon ainée fait des crises à répétition (hurle, trépigne …) 18 fois par jour. Quoi qu’on lui demande de faire : se brosser les dents, se laver, mettre la table, etc), sur des sujets qui sont selon moi des choses du quotidien, normales pour une petite panthère de 6 ans et demi. Je ne sais plus quoi faire. J’ai l’impression d’avoir tout tenté. Parler doucement, crier, me mettre en colère (ma patience à des limites), mais cela ne marche pas. On vient de passer un week-end terrible, à tel point que je n’ai parfois presque plus envie d’être avec ma fille. Je ne vois pas d’issue.

De mon expérience, les enfants qui font des crises de colère le font souvent pour attirer l’attention sur un problème.
Un cri d’alarme maladroit en quelque sorte, venant de ces petits lapins encore bien incapables d’exprimer précisément ce qu’ils ressentent (combien d’adultes y arrivent réellement d’ailleurs ?).
Un appel à l’aide qui peut donner envie au parent de réagir à l’inverse des besoins de l’enfant !
J’ai donc essayé de voir avec Pauline quel pouvait être le problème profond caché derrière ces crises.

Mon hypothèse principale

En l’écoutant, je me forge peu à peu la conviction suivante :

Si sa petite panthère fait autant de crise de colère, c’est pour exprimer le besoin d’une forme d’écoute qu’elle n’avait pas, selon elle.
Elle a besoin de plus d’attention de la part de sa maman hibou.

Pauline rebondit sur cette hypothèse en précisant que ses 2 autres filles étant encore jeunes, elle leur accorde « logiquement » plus d’attention et demande plus d’autonomie à son ainée.
On continue l’analyse… En y repensant, elle note également que les crises de colère de sa fille ont commencé avec l’arrivée de sa deuxième sœur.
En poursuivant notre recherche on se rend compte que son petit félin doit beaucoup partager avec ses deux frangines. Son espace physique (sa chambre, ses rangements…), temporel (le temps pour elle) et parental (le temps consacré à elle par ses parents)…

Nous décidons donc de partir sur cette hypothèse, qui parle à la maman… et qui est confirmée par les remarques très explicites que lui fait parfois sa fille : « Maman, je veux que tu passes plus de temps avec moi ! » qui, dites dans des moments de fatigue et d’exaspération de la maman, ne sont pas entendues.

A propos de ce que disent les enfants (1)

Parfois, les choses peuvent être entendues mais pas nécessairement écoutée.
Pauline, avait bien entendu les plainte, les jérémiades de sa fille « mammannnn tu viens avec moiiii » « je veuxxx que tu soois plus avec MOiiiii ». Mais dans la course du quotidien, elle n’y avait pas prêté franchement attention. On fait tous ça non ?
Elle ne les avait pas écoutées comme une alarme.

C’est normal. Lorsqu’il faut jongler entre une vie professionnelle dense, la gestion des petits tracas du quotidien, la fatigue et la lassitude nous font parfois passer à côté de ces signaux, que notre cerveaux est incapable d’entendre (« Ecoute, comment veux-tu que je passe plus de temps avec toi ? J’ai le repas à cuisiner, la lessive à lancer, le rendez-vous chez le dentiste pour ta sœur à organiser, un dossier à boucler ce soir qui va encore me faire me coucher à pas d’heure pour la 3ème fois de la semaine… Franchement, je suis crevée, débrouille toi toute seule ce soir ! »).

Et peu à peu, les frustrations mutuelles se renforcent. L’enfant, se sentant laissée de côté, demande de l’attention de manière de plus en plus pressante (par des crises de colère, ou d’autres manières). Les parents, stressés par ces demandes de moins en moins agréables, prennent de plus en plus de distance pour se protéger. Et les choses se renforcent ainsi progressivement, rendant la sortie de la situation de plus en plus difficile.

Des outils pour réduire les crises de colère des enfants

Je propose à Pauline une dizaine d’outils permettant de travailler cette hypothèse de besoin d’attention.
Certains sont destinés à donner à sa panthère de fille une place plus « confortable » (c’est à dire l’inviter à agir sans conflits). D’autres à lui laisser une place à « elle » (c’est à dire à lui accorder plus d’attention).
Notre maman hibou en choisit 3 avec lesquels elle se sent à l’aise :

  1. Le premier est de redonner à sa fille des espaces rien qu’à elle. Un coffre de rangement sanctuarisé pour ses affaires. Et le droit de se coucher plus tard que ses sœurs le soir.
  2. Le second est de prendre quelques minutes, avant chaque coucher, pour partager avec sa fille les 3 choses qu’elles ont bien aimé faire ensemble dans la journée.
  3. Le troisième, enfin : s’astreindre à passer 30 minutes de qualité par jour uniquement avec sa fille ainée.

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Les premiers jours sont compliqués, mais elle s’accroche.

Les premiers jours, Pauline se rend compte qu’elles n’ont rien à dire pour les 3 trucs chouettes de la journée. Pas même un petit truc tout bête. En fait, si un. Sa fille lui dit « mais maman, là si quand on fait le cahier, j’aime bien ».
C’est déjà un premier pas.
Le simple fait de partager ce constat avec sa fille les consolide dans leur relation. Comme les fondations d’un nouvel élan dans leur complicité. Et, comme le fait remarque son ainée « Mais si maman, on a un truc sympa aujourd’hui, c’est en ce moment ! ».

Peu à peu, les moments sympas passés ensemble se font plus nombreux et plus faciles à identifier. Et Pauline-hibou s’approprie super bien le concept, allant jusqu’à créer avec sa fille-panthère un petit cahier où noter ces moments, sa fille se chargeant de les illustrer par ses dessins.
Les 30 minutes sont, elles aussi, parfois un peu compliquées à tenir. Il y a des soirs où vraiment la fatigue donne envie à notre maman Hibou d’oublier cette résolution pour un soir et d’aller se coucher. Mais elle ne lâche rien et tient bon.

Alors, le jeu en valait-il la chandelle ?

Après 10 jours de mise en œuvre, les effets sur la relation semblent déjà très visibles :

Le comportement de ma fille a totalement changé. Plus de crise (moins d’une par jour) ! Et j’ai complètement changé de regard sur ma fille ! J’avais de la peau de saucisson devant les yeux !! Je retrouve du plaisir à passer du temps avec elle. Je ne voyais pas que sa petite sœur n’arrêtait pas de la chercher (moi qui la pensais douce et à subir tout le temps les coups de sa grande sœur). En fait, la grande prend beaucoup sur elle et se retient souvent.

Les semaines suivantes, Pauline continue sur sa lancée. Et se rend compte que, progressivement, elle peut réduire le temps nécessaire sans dégrader la relation. Les 3 trucs sympas ou les 30 minutes par jours ne sont plus systématiques… sauf lorsqu’elle sent que sa fille en a besoin.

Pauline était suffisamment motivée, et convaincue que le changement pouvait (devait ?) partir d’elle pour résoudre les crises de sa fille. Elle a réussi à mettre suffisamment d’énergie dans la durée pour sortir de cette spirale sans fin. Et a pu s’appuyer sur une petite fille volontaire également, capable d’énoncer une partie de son problème (vous vous souvenez, elle disait clairement qu’elle avait plus besoin de sa maman). Autant d’ingrédients qui ont facilité le retour à une Happy Menagerie 🙂

(1) si vous avez envie de poursuivre ce sujet, vous pouvez lire « papa maman, écoutez moi vraiment  » de …  (lien)

 

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