C’est quoi une punition ? Pourquoi on punit les enfants ?

Concrètement, c’est quoi une punition ?

Vous allez me dire: c’est facile: au coin, on tape. Bah oui.
Mais faire peur par exemple, les « gros yeux » c’est quoica?
C’est pas vraiment une punition, mais c’est pas non plus cool, cool … n’est-ce pas?

Après réflexion, je dirais que la punition (éducative), c’est une réponse coercitive d’un adulte à l’action d’un enfant que l’adulte juge inadéquate. L’adulte mettant en place cette réponse pour APPRENDRE à l’enfant quelque chose d’important pour lui.

J’ai fait simple et court. Comme quoi, ça peut m’arriver parfois.

Dossier « punitions des enfants et des adolescents »
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Par exemple c’est le fait qu’un adulte se mette à : taper /crier / envoyer au coin / refuser un plaisir / faire peur, (réponse d’un adulte) suite à l’action d’un enfant : il a crié / déchiré un truc / pas respecté le couvre feu / parlé avec affront… (action d’un enfant) pour lui apprendre que ça ne se faisait pas.

Bizarrement, j’ai trouvé peu de définition de la punition chez les auteurs qui abordent le sujet. Sans doute que cela semble évident. Pourtant je trouve fondamental de s’y arrêter, parce que c’est ce qui va nous donner les pistes pour comprendre.

On a donc:

Actes enfant + désaccord de l’adulte => action coercitive de l’adulte pour apprendre à l’enfant en vue de l’aider à être mieux élevé.

Pourquoi punit-on les enfants?

Catherine Gueguen dans Pour une enfance heureuse parle non pas de punition, mais plus largement de violence éducative qui incluent les punitions, et nous éclaire sur la raison pour laquelle les parents l’utilisent:

« A mes yeux, la violence éducative ne consiste pas seulement dans l’usage de la punition corporelle ou autre. Elle consiste à faire usage de la contrainte physique ou psychique pour obtenir (ou tenter d’obtenir) d’un enfant un résultat, soit quelque chose à faire (ou à ne pas faire), quelque chose à dire (ou à ne pas dire) ou une attitude à prendre (ou à ne pas prendre). Elle est utilisée la plupart du temps avec la meilleure des intentions, elle est l’expression du besoin de transmettre aux enfants des valeurs comme la discipline personnelle, le plaisir de l’effort vers un résultat, l’apprentissage, l’évolution, la coopération, l’intégration et l’appartenance, ainsi que celle du besoin d’indiquer des limites et d’apporter un cadre »

Ce que j’aime bien dans son approche, c’est qu’elle souligne que le parent le fait parce qu’il a les meilleures intentions du monde. Il a envie que ses enfants soient bien élevés, donc il punit (ou utilise d’autres contraintes type pression psychique).

Un autre auteur que j’aime beaucoup, parle du fait de punir : Thomas Gordon. Il à écrit dans son livre Eduquer sans punir sur la question de la punition en étudiant le mot discipline. Il a soulevé une incompréhension entre discipline (qui est ok: on a besoin de discipline dans la vie) et discipliner (qui est tout de suite moins ok puisqu’il y a cette notion de pouvoir, de soumission).

Voyez plutôt:  « La différence fondamentale qui existe entre « discipline, et discipliner. Le nom « discipline » désigne généralement un comportement et un ordre conformes à des règles ou préservés par un entraînement, par exemple, la discipline « dans la classe» ou la « discipline d’une bonne équipe de basket-ball ». Ce terme suscite rarement une controverse. En effet, tout le monde semble favoriser ce type de discipline synonyme de « ordre, organisation, coopération, savoir, respect des règles et des procédés et prise en considération des droits d’autrui ». Le verbe « discipliner » signifie « donner le sens de l’ordre, du devoir, de l’obéissance à» et « régler en exerçant un contrôle sur, maîtriser, assujettir, soumettre » Exemple : discipliner une classe. Dans les discussions sur la discipline, on présume souvent que la seule façon d’imposer la discipline à la maison et l’école consiste à discipliner les enfants, c’est-à-dire à les dominer, les corriger et les punir ».

Les parents et éducateurs puniraient parce qu’ils ont envie de discipline. Ils ont envie que « ça roule » (qui ne le souhaite pas?) et que l’on a tendance à croire que pour avoir de la discipline, il faut discipliner…. C’est là l’erreur!

Je n’ai pas de citations d’ Alice Miller sur les punitions directement, mais son œuvre tend à nous faire réfléchir au fait que nous punissons parce que nous avons été puni. Et que même si nous ne le souhaitons pas, nous avons de grandes difficultés psychique à ne pas faire vivre ce que nous avons vécu nous même.

Donc parfois, même si pour une raison X ou Y (lectures d’ouvrages sur la neuroscience par exemple) on ne souhaite pas punir…Ben… on punit. Presque par automatisme. Parce que c’est ce que nous avons vécu enfant.

Typiquement, j’entends dans ma tête régulièrement « si c’est comme ça, tu vas dans ta chambre!! »… que je me garde de prononcer, mais c’est parfois une sacré lutte! Alors que je SAIS que c’est une réaction qui n’a pas d’impact positif ni pour la compréhension de la bêtise, ni pour améliorer ma relation avec mon enfant.

Et puis, on les punit aussi…

Parce que l’on est pas sûr-sûr que cette « pédagogie nouvelle » de respect de l’enfant fonctionne

Parce qu’on ne sait pas comment faire autrement

Parce qu’on est fatigués

Parce que … on n’en est pas mort

Parce que dans notre société, l’adulte domine, l’enfant subit. Les punitions sont donc normales…

Parce que l’on fait ce que nous disent nos parents, notre entourage…

Parce que même les « pédagogues » le disent, alors… on doute.

Parce que…c’est plus simple

Mais aussi parce que l‘on pense souvent que la seule option possible si on ne punit pas, c’est de laisser faire. Et c’est encore cet excellent Thomas Gordon qui nous invite à nous pencher sur cette peur de plus pouvoir élever son enfant si on ne punit plus, de ne plus pouvoir gagner la bataille.
Il écrit: « Pourquoi parents et enseignants continuent-ils d’employer le contrôle et les punitions alors qu’il est si difficile de prouver que ces méthodes sont efficaces pour modifier le comportement des enfants? [Une des raisons] est très simple: ils persistent à contrôler parce qu’ils, qu’ils croient que la seule autre option est la permissivité. Entre ces deux options, la plupart des adultes préfèrent se montrer autoritaires plutôt que permissifs; exercer le pouvoir plutôt que de le laisser entre les mains des enfants; contrôler plutôt que de se laisser contrôler. »

Comment cela se passe chez vous ?

Vous les utilisez souvent ? Jamais ? A contre-coeur ? Avec conviction ? Pourquoi ?
N’hésitez pas à commenter, cela permettra d’enrichir le débat et les articles !

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Livres cités sur la punition

Thomas Gordon Eduquer sans punir
Alice Miller C’est pour ton bien
Catherine Gueguen Pour une enfance heureuse



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N’hésitez pas !
J’y réponds toujours avec plaisir :)

4 Replies to “C’est quoi une punition ? Pourquoi on punit les enfants ?”

  1. […] C’est quoi exactement une punition ? […]

  2. […] savons désormais que les souvenirs d’enfants n’aiment pas les punitions, mais aussi pourquoi les parents l’utilisent pour le bien de leurs enfants… Puis nous avons vu pour qui et comment les punitions fonctionnent! mais que finalement cela […]

  3. […] savons désormais que les souvenirs d’enfants n’aiment pas les punitions, mais aussi pourquoi les parents l’utilisent pour le bien de leurs enfants… Puis nous avons vu pour qui et comment les punitions fonctionnent! Mais que finalement cela […]

  4. […] un complément intéressant à l’approche de Catherine Gueguen qui rappelez-vous, indiquait que les parents et consors mettaient en place des punitions avant tout pour le […]

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