Journée de la non violence éducative 2018

Tous les 30 avril, s’organise partout en France la « journée de la non violence éducative ». Idée qui nous vient des Etats-Unis, elle a été mise en œuvre en France à l’initiative de la maison de l’enfant sous l’impulsion de Catherine Dumonteil-Kremer.

Mais pourquoi une journée de la non violence éducative? Et puis c’est quoi la violence éducative? C’est ne pas taper? C’est la loi contre les fessées c’est ça?
Presque.

La non violence éducative… Quezaco?

Je ne sais pas vous, mais quand j’entends ou lis cette expression, je me dis que ça ne me concerne pas.
Je ne suis pas violente. POINT. Pas vous?
Et vu les milliards de tonnes d’efforts que je fais pour élever mon fils dans la bienveillance, vu le fait que je ne le tape pas, punis pas, que je ne crie (oui ça m’arrive…) que très rarement, je suis loin de tout cela.

Et pourtant… cette violence éducative c’est aussi une violence insidieuse.
C’est une violence « douce ». Celle sous prétexte d’aller plus vite, ou de mieux élever ses enfants.
C’est une violence que l’on fait tous subir à nos enfants à un moment ou à un autre.

Je résumerai cela ainsi: c’est tout ce que l’on fait ou dit qui peut affecter l’intégrité physique ou psychique de notre enfant.

Tout ce qui est fait ou dit « parce que c’est moi l’adulte, c’est moi qui sait » est une forme de violence éducative ordinaire.

Cette histoire de violence éducative ordinaire, c’est compliqué à admettre.
On veut le meilleur, on fait le meilleur et on se rend compte que … on a encore beaucoup de chemin.

La journée de la non violence éducative, une occasion de se questionner

A cette occasion et globalement dans le mois qui suit, c’est de nombreuses manifestations, de rencontre entre les parents pour échanger sur cette violence éducative ordinaire.

La violence éducative ordinaire, c’est celle qui dit: « dépêche-toi », « mais enfin, tu devrais le savoir », « mais il n’est pas possible celui-là », « quelle pleurnicheuse », « c’est fou ce qu’il est pénible », « c’est dingue comme elle pleurniche », etc.

Celle qui crie, celle qui tape, celle qui punit.

Si vous vous posez la question de savoir si il s’agit d’une violence ou non… interrogez-vous afin de savoir si vous aimeriez vous retrouver dans la même situation en tant qu’adulte.

C’est une technique imparable.

Quelques exemples de violences éducatives ordinaires

Ce matin, j’ai animé un atelier parental sur ce thème.

On a commencé par aborder la question des violences physiques « habituelles » (tapes, claques, enfermement, au coin…). De celles que l’on a eues, vues ou données. Du traumatisme que cela engendre et du déni: « Moi, j’estime que ça ma fait du bien »  ou « Ca va, je n’en suis pas mort » et de toutes les études qui montrent le contraire et des recherches qui expliquent pourquoi on nie cette violence pourtant bien réelle.

On s’est ensuite demandé si mettre un suppositoire était une violence éducative ordinaire. Sachant que c’est pour soigner, MAIS que c’est quand même faire entrer de force quelque chose dans l’orifice d’une autre sans son consentement…
Et surtout… comment faire autrement! Trouver une alternative thérapeutique (autre forme galénique), expliquer à l’enfant, lui donner des astuces pour que ce accepté (il le met lui-même) ou que le geste soit moins difficile (expirer pendant l’introduction, huiler le pourtour, compter jusque 10 une fois l’introduction faite….)

On s’est également demandé si tenir la tête de sa fille (cheveux long) pour les lui peigner était ou non une violence ordinaire. Si ca ne la gêne pas non, mais si elle est entravée dans ses mouvements : oui!
On a ri en imaginant une coiffeuse nous maintenant la tête et nous coiffant fortement les cheveux en nous disant « Ho ca va c’est rien, juste quelques noeuds »! Et on était tous d’accord pour dire que l’on ne retournerai pas dans ce salon! (Quand je vous disais que transposer la situation à notre vie d’adulte est utile!)
Les alternatives pouvant être de la laisser avec ses noeuds, de faire faire le coiffage par une autre personne ou de couper les cheveux…

On s’est posé la question de la liberté de faire, en fonction de ses capacité. Quid de ne pas laisser son fils d’un an manger seul avec ses couverts sous prétexte…  au choix, que « Ca fait moins de travail », « Je suis sure ce ce qu’il mange » ou « De toutes façons il ne sait pas faire »?

La violence éducative ordinaire est partout

Partout! Elle se niche dans les moindres recoins!
Ce qui me semble important, n’est pas tant de se culpabiliser parce qu’une fois on a fait ci ou ça, ou que depuis le début on a fait comme-ci ou comme-ça.

Ce qui me semble important, c’est d’avancer. De se questionner, de trouver des alternatives.

Nos enfants méritent que l’on fasse cet effort. Et nous aussi.

Aller vers moins de violence éducative ordinaire, c’est aller vers plus de respect de l’enfant.

Et vous, vous avez des exemples de violences éducatives ordinaire pour lesquelles vous avez trouvé des alternatives? (psst, le suppo, c’était moi 🙂 je n’ai pas forcé, mais j’avoue… j’ai failli!)

Et si vous avez encore des questions, besoin d’une aide précise et personnalisée sur votre situation familiale, n’hésitez pas à me contacter! Petit mail ou dans la chat box qui apparait sur le côté droit!



Des questions ?

Des interrogations sur les consultations ou votre situation ?
N’hésitez pas !
J’y réponds toujours avec plaisir :)

6 Replies to “Journée de la non violence éducative 2018”

  1. Bravo pour cet article de sensibilisation. Je fais effectivement le rapprochement avec le ressentit d’un adulte: « on me ferait ça à moi, est-ce que je l’accepterais? » Je pense que c’est effectivement une question très importante à ce poser et un bon point de départ pour éliminer, peu à peu, nos comportement de VEO.

    1. Oui, on n’y pense pas toujours, mais c’est vraiment LE truc qui permet de savoir si on est « bons » ou pas. Astuce très simple comme je les aime <3

  2. Coucou,
    Merci pour cet article qui fait remettre en question toutes nos paroles, nos actes et notre éducation !!
    Effectivement, l’histoire des cheveux je n’y avait pas vraiment pensé … Je ne lui dis pas c’est bon c’est juste des nœuds. Au contraire je suis plus dans la douceur et à lui poser les questions avant de lui faire mais quand elle bouge c’est qu’elle a mal et que je continue sans changer ma manière de faire.

    Ton article va me permettre de mieux appréhender et comprendre les gestes de ma fille. Je te remercie pour ça.

    Douce journée <3

    1. Je suis ravie que cet article te permette de mieux appréhender et comprendre les gestes de ta fille <3 c'est super!

  3. Bonjour ! Je n’ai pas encore d’enfants, mais j’ai trouvé l’article super intéressant ! Je le fais directement passé à une amie étudiante en science de l’éducation et qui, je pense, sera tout à fait d’accord avec toi !

    1. Ha merci à toi Lisa-qui-na-pas-encore-denfants 🙂 que ton amie n’hésite pas à me contacter si elle a des questions 🙂

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