Les 6 choses que l’on peut apprendre de Didier Deschamps pour faire de notre famille une championne de la bienveillance ! (Partie 2/2)

En regardant le reportage sur les bleus suite à la coupe du monde, je me suis rendu compte de l’importance de la bienveillance de Didier Deschamps pour maintenir cette équipe dans l’envie de réussir, le partage, la solidarité… Et j’ai voulu vous faire partager mon analyse. La première partie est ici, et la suite ci-dessous!

3 – La critique est constructive :

Suite à la victoire difficile face à l’Australie, l’entraineur de l’équipe de France à fait le point le lendemain matin. Certains ont parlé de « savon », de « colère froide »  (vous pouvez voir l’article mais aussi la vidéo via ce lien) voir de « débrief saignant ».

En voyant l’extrait je ne suis pas d’accord. Il leur dit simplement et factuellement (preuve vidéo et statistiques à l’appui) ce qu’il s’est passé.

Pour cela, il commence à leur dire qu’il verra d’abord le négatif, ensuite on ira sur le positif : histoire que ce ne soit pas justement un « savon ». Mais bien un point complet. Avec le négatif, mais aussi le positif. Tout en bienveillance donc.

Ensuite, il est calme, posé. Et factuel. Il n’est pas cynique dans son ton.

“J’espère que vous avez bien dormi. On va faire un retour sur le dernier match avec le négatif et on finira par le positif. Vous ne serez pas surpris que la plus grande partie concerne le négatif”

« Si vous avez pas conscience de ce qu’on n’a pas fait, on va le voir », déclare-t-il en début de la séance vidéo. « Distance totale parcourue par l’Australie : 111km. Pour nous 102 – c’est comme s’ils avaient un joueur en plus. Eux: Cinq joueurs qui ont parcouru plus de 10km. Nous : un seul. »

Des faits, des faits rien que des faits. Mis en avant par un petit calcul (le fait d’avoir un joueur en plus).

Il ne crie pas, ne hurle pas. Il les laisse faire leur chemin eux même. C’est très important!

Petit bémol : nous on tentera de ne pas utiliser la comparaison avec nos enfants 😉 la comparaison favorise la compétition, eux c’est ce qu’ils cherchent. Nous… non.
Mais on peut être factuel. Et laisser l’enfant faire son chemin lui-même. Encore une fois… faire confiance! C’est ça aussi la bienveillance!

A un moment que j’ai trouvé particulièrement intéressant, il pointe du doigt un des joueurs : “Kylian, c’est celui qui en a fait le moins. 3%. Pourtant la vitesse c’est ta qualité”.

Avez-vous avez noté comme même quand il nomme un joueur, ce n’est pas pour le « casser », ce n’est pas pour l’affaiblir. C’est pour dire ce qui est. Et ce que je trouve assez incroyable dans cet extrait c’est qu’il s’adresse ensuite directement à lui pour lui faire un compliment : « la vitesse c’est ta qualité ».

Comment s’en inspirer concrètement à la maison pour être bienveillant : quand une situation est difficile, parlez en calmement, le lendemain. Restez factuel. N’hésitez pas à inclure un compliment général dans les faits. Ce sont des faits, pas un savon. Pas un temps où l’on tente de montrer sa supériorité. Mais bien un point sur ce qui a été.

Cette approche bienveillante est valable tout le temps, tous les jours : Vos jumeaux de 8 ans n’ont pas cessé d’embêter leurs cousines de 5 ans la veille. Toute la famille a fini par leur en vouloir, l’ambiance était morose quand vous êtes repartis.
Vous pouvez leur indiquer que vous avez noté qu’à tel moment ils ont cassé un de leurs jouets préférés, puis à tel autre moment ils ont refusé de jouer avec elles. Alors que pourtant ils savent faire preuve de discernement habituellement (le positif que nous essayons de poser sur des actes et non sur la personne en utilisant par exemple la tournure « savoir faire preuve de »).
Vous notez que dans mon exemple, personne ne dit « alors que vous auriez pu » ou « ça a embêté tout le monde » ce qui serait non constructif ou général.
Ensuite vous pouvez trouver une solution en commun (cf paragraphe précédent, le 2 –)

4 – Didier Deschamps arrive à VRAIMENT féliciter: il laisse les joueurs vivre leur joie !

Suite à une victoire…. pas de mais ! Vous avez remarqué ? A la fin d’un match victorieux, il les félicite, il partage leur joie. Et pourtant je suis certaine qu’il a plein de trucs à leur dire pour améliorer encore et encore leur jeu.
Jamais , jamais il ne fait ce que j’entends souvent, que j’ai peine à ne pas faire.. Jamais il ne continue par « Mais…. ». Et réussir à retirer ce « mais » c’est une sacrée marche vers la bienveillance, je vous le dit!

Et il utilise beaucoup le « vous » dans ces cas. Il les laisse vraiment vivre leur expérience. En les laissant responsable de leur victoire. Ca leur retirerai quelque chose de dire « NOUS avons gagné » de toute façons tout le monde le sait. Tout le monde sait que s’il n’était pas là ça ne fonctionnerait pas. Comme les parents avec les enfants.
Non le jour J il vit avec eux la joie. Il ne l’entrave pas avec du négatif.
Ça , ça sera vu le lendemain, concrètement.

Comment s’en inspirer concrètement à la maison pour être bienveillant : En ne s’incluant pas lors des réussites. C’est votre enfant qui a réussi. Même si vous l’avez beaucoup soutenu.

Et je sais que parfois c’est un euphémisme.

Il n’est pas nécessaire de rappeler que si vous n’étiez pas là…. Car c’est votre rôle ☺ et cela lui retirerait de sa joie. Or il a besoin de ressentir pleinement cette joie, de la vivre intensément pour avoir envie de la retrouver et donc de fournir les efforts nécessaires pour y parvenir… la prochaine fois.
Si on a des choses à dire qui ne sont pas positives, attendons que la joie redescende. D’une part parce que votre ou vos enfants vous en voudront de leur avoir gâché leur moment, d’autre part parce qu’ils ont vraiment besoin de ressentir profondément cette joie pour avoir envie de fournir les efforts nécessaires pour continuer à progresser.

Cette approche bienveillante est valable tout le temps, tous les jours : Votre collégien vient d’avoir son brevet, votre fille le bac ? Même si vous avez bossé dur avec eux, c’est leur victoire ! Laissez les vivre leurs joie… sans mais… (mais tu aurais pu avoir une meilleure note ici, mais tu n’as pas beaucoup travaillé, mais tu aurais pu faire mieux…). Evitez le « Heureusement que je t’ai aidé » qui les empêcherait de vivre leur joie et d’avoir envie de la revivre.

Vous aurez l’occasion de le dire un autre jour, d’ici… quelques jours ou quelques années 😉

5 – Il passe beaucoup de temps à comprendre et vivre avec les joueurs :

On le voit sur les images. Il ne juge pas, il est là avec eux. Il les observe. Il cherche à comprendre leurs fonctionnements individuels, leurs motivations… Les joueurs le disent aussi. On l’entend à plusieurs reprises dans le documentaire.
Si vous avez vu le documentaire, vous avez du remarquer que c’est quelque chose que les joueurs apprécient vraiment. Ils se sentent reconnus pour ce qu’ils sont et c’est une réalité.

Comment s’en inspirer concrètement à la maison pour être bienveillant : Vivez le plus possible près de vos enfants. Plus vous passez du temps avec eux, plus les liens entre vous seront fort. Plus vous allez les comprendre, savoir qui ils sont comment ils agissent et pourquoi. Plus ils se sentiront compris et plus l’harmonie familiale sera forte. Car plus vous les aurez compris plus ils se sentiront compris, mieux ils iront et plus vous aurez des attitudes à leurs égards qui leur conviendront.

Cette approche bienveillante est valable tout le temps, tous les jours : Passez vraiment du temps avec eux. Observez-les. Notez quelque part ce qui les anime, regarder comment dans une fratrie chacun a ses idées, ses envies, son mécanisme. Faites le souvent, les intérêts de votre fils à 4 ans n’est pas le même qu’à 4,5 ans ni bien sûr qu’à 10, 15 ou 18 ans ! Soyez l’ethnologue de vos enfants ! et vous sentirez la bienveillance commencer (ou continuer) à couler dans vos veines !

6 – Il utilise l’autorité de compétence

Je l’ai déjà dit : pas de cris, pas de hurlements, il arrive à enthousiasmer ses joueurs, à les remettre en question par l’autorité de compétence.
C’est quoi l’autorité de compétence ? C’est une autorité qui passe par le fait que nous avons des connaissances que les autres n’ont pas. Ainsi un archéologue a une autorité de compétence si vous lui présentez un fossile. Il n’aura pas besoin d’avoir une posture, de crier, de se tenir de telle ou telle manière pour que vous écoutiez ce qu’il a à dire. C’est lui le spécialiste.

Il peut laisser les autres parler, cela ne lui retirera pas ses compétences et le fait que quand il parle, il sera écouté.

Deschamps fait la même chose.
Il a joué lui même comme vainqueur joueur de la coupe du monde. Il a donc une compétence en tant que joueur. Il a mené l’équipe avec succès dans la coupe d’Europe, on sait donc qu’il est bon entraineur. Mais on le voit aussi par quelque chose qui m’a beaucoup interpelé : il ne prend pas ombrage quand Paul Pogba prend le lead en terme de discours avant les matchs, quand il enthousiasme aussi les joueurs.
Un autre aurait sans doute pris mouche, pensé qu’il voulait qu’on lui pique sa place, son rôle. Mais non. Didier a confiance et sait que des paroles d’une autre personne sont aussi riches de sens que les siennes.

Comment s’en inspirer concrètement à la maison pour être bienveillant :
Comme l’entraineur de l’équipe de France, pas besoin de prendre ombrage quand un des enfants nous suggère de faire autrement, propose à son petit frère ou sa petite sœur de faire comme ceci ou cela. De s’organiser de telle ou telle manière à la maison.
Didier Deschamps est sûr de lui. C’est lui l’entraineur, techniquement aucun joueur ne peut prendre sa place. Comme vous êtes les parents et que vos enfants ne peuvent pas prendre votre place. Vos enfants le savent ☺, pas besoin de le leur rappeler à chaque instant en leur coupant l’herbe sous le pied.

Cette approche bienveillante est valable tout le temps, tous les jours : Votre fille vous propose une idée de menu, de changer d’organisation (manger après le bain par exemple), votre fils aide votre cadet à faire ses devoirs « à votre place ». ..
En fait, c’est ça. A chaque fois que vous avez ce petit « mais c’est ma place ça » ou « tu ne vas pas décider à ma place, c’est moi le père / la mère » ; demandez vous si c’est vraiment important que ce soit vous qui preniez (seul) la décision. Comme c’est vous qui avez la compétence à priori, c’est plutôt l’occasion de transmettre vos compétences soit pour accéder à la demande soit pour orienter et trouver une autre solution, non ?

En conclusion, on constate que Didier Deschamps se fait respecter. La bienveillance n’est donc pas un frein au respect … au contraire!

Il est écouté et il fait gagner une équipe en finale, tout ça… avec beaucoup d’accompagnement, d’écoute, de compréhension et de bienveillance.

Alors les papas ? On fait la même à la maison ? Chiche ?
Vous me racontez dans les commentaires ce que vous avez réussi à mettre en place ? Dites moi tout ! J’y réponds toujours 😉



Des questions ?

Des interrogations sur les consultations ou votre situation ?
N’hésitez pas !
J’y réponds toujours avec plaisir :)

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