« Ma fille de 4 ans fait des colères qui me poussent à bout »

Alix, Maman Panda de 2 petites filles (une grande gerbille de 4 ans et un mini koala de 10 mois) était en détresse. Son aînée faisait colère sur colère, à tel point que la vie de famille devenait invivable. Sur un groupe de parents, une personne lui a suggéré de me contacter pour aborder les fameuses crises de colère de sa fille de 4 ans.

Le problème

Voici ce qu’elle m’a écrit en me contactant pour la première fois:

« Bonjour,
Je trouve enfin quelques minutes pour vous écrire.
Je rencontre de grosses difficultés avec ma fille de 4 ans (5 ans en mars). Elle a toujours été dans l’opposition permanente mais maintenant elle est aussi dans la provocation. Je suis devenue son défouloir. Cela rend mon quotidien invivable. Je suis mariée et nous avons une autre fille de 10 mois qui est complètement différente (souriante, de bonne humeur tout le temps, affectueuse). Ma grande a une colère en elle que je ne comprends pas. Je suis bienveillante depuis début décembre. Actuellement en formation en ligne sur l’éducation positive (3 mois de formation-débutée à Noël). Mon mari est plutôt autoritaire. Il a fait une parenthèse pour me suivre mais depuis lundi il a repris son autorité. Et moi je perds de ma bienveillance. Ses crises de colère (à la maison et dehors), ajoutées à mon épuisement m’ont fait craquer et j’ai crié à 2 reprises. Je ne sais plus quoi faire. Je me sens impuissante, triste, déçue de ne pas y arriver.
J’en ai pleuré hier devant elle (ne pouvant plus me contenir) ce qui l’a touché. Elle s’est excusée et m’a même fait un dessin pour que j’arrête de pleurer. Je n’en peux plus qu’elle me dise que je suis méchante, moche, bête… qu’elle me tire la langue, me tape, ou crache. Elle reçoit pourtant beaucoup d’amour.J’ai l’impression d’avoir tout tenté. Parler doucement, crier, me mettre en colère (ma patience a des limites), mais cela ne marche pas. On vient de passer un week-end terrible, à tel point que je n’ai parfois presque plus envie d’être avec ma fille. Je ne vois pas d’issue. »

« Je suis devenue son défouloir. Cela rend mon quotidien invivable. Ma grande a une colère en elle que je ne comprends pas. […] Je ne sais plus quoi faire à tel point que je n’ai parfois presque plus envie d’être avec ma fille. Je ne vois pas d’issue. »

Les mots sont très forts, mais je suis certaine que cela parle à beaucoup d’entre vous non ?

Je vous l’ai déjà dit, mon expérience me montre que souvent les enfants qui font des crises de colère le font souvent pour attirer l’attention sur un problème.
Quand on a 4 ans, on se met en colère parce que l’on a des choses à dire mais que l’on ne sait pas comment. La colère, c’est une alerte saine de leur corps qui leur indique que quelque chose ne convient pas. Souvent mal perçue par les adultes qui pensent bien faire en essayant de faire en sorte que l’enfant « gère sa colère », alors qu’elle est là comme une petite alarme positive pour leur équilibre psychique.

J’ai donc essayé de voir avec Alix quand ces crises intervenaient, comment les parents réagissaient et ce que leur fille faisait ensuite. J’ai aussi beaucoup échangé avec Alix sur son besoin de se ressourcer en tant que maman.

Mon hypothèse principale

En l’écoutant, voici ce qui ressort :
Sa gerbille fait beaucoup de crise de colère, alors que sa maman met beaucoup de choses en place pour elle. Ces crises interviennent systématiquement à la sortie de l’école, mais elles peuvent intervenir à tout moment, voire un peu tout le temps au final.
Alix vit très mal les crises de colère de sa fillette de 4 ans car elle ne les comprend pas, elle est démunie face à elles. Elle manque d’outils. Elle manque aussi de repos, de temps pour se ressourcer.

Il faut donc travailler sur 3 axes pour réduire les colères de son enfant : comment se ressourcer en tant que parent, comment comprendre les crises de rage de sa fille et Alix doit pouvoir repartir de nos échanges avec des outils à prendre en main immédiatement.

A propos de ce que disent les enfants

icone

Parfois, les crises de colère (souvent en fait) disent des choses qui ne sont pas écoutées..

Alix, avait soulevé le fait que sa fille lui disait pendant ses colères des choses qu’elle aurait pu dire à ses copines « je ne te parle plus », « t’es méchante », etc. Mais comme elle prenait les choses pour elle, elle n’a pas pu prendre le recul nécessaire et voir que ce qui sortait dans les crises de rage c’était tout ce que sa petite fille ne pouvait pas dire à ses amies.
Rien de plus difficile que de prendre du recul quand on est parent et qu’on se sent attaqué, n’est-ce pas ?
Elle ne pouvait pas les écouter. Trop peinée par ce qu’elle entendait.
C’est normal. Surtout quand la fatigue est aussi de la partie : impossible d’entendre seul(e) ces signaux !

Pourtant l’hypothèse sur laquelle nous partons est que sa gerbillette vit mal des choses à l’école et qu’elle se permet de « décharger » ce trop plein d’émotions devant sa maman. Parce qu’elle veut le lui dire… elle veut lui dire que c’est compliqué ces histoires de copines, mais elle ne sait pas comment faire du haut de ses 4 ans, alors elle se met en colère.

Et c’est là que l’incompréhension s’installe.
L’enfant, se sentant incompris, crie, hurle, tape, rugit, crise, tempête… de plus en plus fort, de plus en plus souvent.

Les parents, stressés par ces demandes de moins en moins agréables, prennent de plus en plus de distance pour se protéger (le fameux: « je n’ai plus envie d’être avec ma fille »).
Et les choses se renforcent ainsi progressivement, rendant la sortie de la situation de plus en plus difficile.

Des outils pour réduire les crises de colère de ses enfants

Je propose à Alix les 3 pistes que j’avais identifiées et nous cherchons ensemble des solutions:

  1. La première piste, indispensable était de prendre du temps pour elle en tant que maman. Un parent ne peut pas avoir la ressource pour être bienveillant s’il n’est pas reposé et bien dans sa tête. Elle était épuisée, fatiguée par ces rapports de force, elle avait besoin de se recentrer. On a réfléchi ensemble aux meilleures astuces possibles pour elle en terme de ressourcement et de temps disponible. Elle a choisi de prier plus régulièrement et de lire un tout petit peu aussi. Chaque jour. 15 minutes pour soi. Tous les jours. Ça, c’était compatible avec son emploi du temps de maman.
  2. La seconde piste, était plutôt une explication. Explication de ce que signifie la colère, de comment écouter la colère d’un enfant pour mieux le comprendre et lui proposer ensuite des solutions correctes pour lui. Sa fille avait besoin de vider un réservoir d’émotion « trop plein ».
  3. La troisième piste, enfin : une marche à suivre. Se préparer aux sorties de classe compliquées, et s’organiser en conséquence : être seule avec sa fille à ce moment là et être disponible pour écouter sa colère.
    Audacieusement, je lui ai proposé de ne pas interdire les « manques de respect » mais plutôt d’identifier ce que sa fille peut vivre comme irrespect à l’école, et simplement lui dire et redire que ce n’est pas agréable. En profiter également pour lui demander comment elle se sent dans ces moments là. L’idée était de ne pas pointer un fonctionnement qui était désagréable et générait la colère mais bien de le comprendre, tout en lui servant de modèle « on ne se laisse pas dire des choses comme cela qui sont si désagréables sans marquer une limite ». Nous convenons de nous revoir 15 jours plus tard, avec en main un tableau sur les colères que je lui avais proposé de compléter.

Deux jours avant le second entretien, Alix annule le rendez-vous

Mince. Ce fut ma première réaction. Zut, elle n’a pas apprécié notre entretien ? Les pistes étaient trop dures à suivre ?

Non. Voici son retour:

« Bonjour, je vais annuler notre rdv de samedi car ma gerbille ne fait plus de crises de colère. Quelques désaccords mais on coopère 😉.
Votre tableau est vide du coup. Elle ne s’endort même plus avec moi, elle a instauré un autre rituel. Elle me demande un massage du dos dans son lit et que je revienne la voir après avoir préparé mes affaires du lendemain pour lui refaire un bisou 😊.
Du coup, je retrouve du temps le soir pour mon mari et moi, ou du temps juste pour moi.
Elle n’est plus dans l’opposition ni le manque de respect. Elle est même fière de me montrer tout ce qu’elle est capable de faire seule (grâce à quelques aménagements de la maison). […]
C’est un vrai soulagement.
On passe enfin de bons moments a la maison. Et je ne suis plus épuisée 😁
[…]
J’ai annulé le rendez-vous [pris pour elle NDLR] avec la psy.
C’est vraiment un gros changement là. Avant je n’avais pas 24h sans crises de colères ni opposition.
Elle me semble apaisée et épanouie. C’est même elle qui prend les devants pour faire les choses. Je ne me répète plus.
[…]
Et oui c’est le jour et la nuit.
Maintenant c’est un plaisir de rentrer a la maison, les moments sont agréables et ressourçant »

Alors, le jeu en valait-il la chandelle ?

Je crois que ses écrits parlent d’eux-même !
Alix était motivée. Elle a vite compris que pour calmer des colères de sa fille, elle-même avait potentiellement un rôle à jouer. Elle s’est rapidement saisie de ce que je lui ai proposé. Le fait qu’elle se soit intéressé à la parentalité positive depuis quelques temps a beaucoup joué dans la rapidité des résultats.

Si vous sentez qu’un petit coup de pouce peut vous aussi vous aider à retrouver rapidement une vie de famille plus harmonieuse, n’hésitez pas à me contacter pour voir comment je pourrais vous accompagner !



Des questions ?

Des interrogations sur les consultations ou votre situation ?
N’hésitez pas !
J’y réponds toujours avec plaisir :)